Le nombre de migrants irréguliers présents en Algérie est estimé à plus de 100.000, originaires d’une quarantaine de pays africains et également de Syrie et du Yémen. Bien que l'Algérie ne se soit pas dotée de la législation sur l'asile et la protection internationale, le gouvernement a accueilli sans formalités de visa près de 40.000 ressortissants en provenance des zones de conflit en Syrie et a mis en place un certain nombre de mesures en leur faveur (accès aux soins de santé et d'éducation), une politique saluée par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Lors de l'Examen Périodique Universel 2017, l'Algérie s'est engagée à adopter une loi relative aux demandeurs d'asile et aux réfugiés, conforme aux normes du droit international, afin de leur garantir un statut juridique sûr. Un accord de rapatriement a été conclu avec le Niger. Des opérations de rapatriement sont régulièrement effectuées vers le sud, dont le déroulement se fait en collaboration avec le Croissant rouge algérien. L'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a ouvert son premier bureau en Algérie en 2016; toutefois, l’OIM n’a pas pu observer ou accompagner les opérations de rapatriement vers le Niger. Entre septembre et octobre 2017 et début 2018, ces opérations se sont intensifiées, et de nombreuses critiques ont été formulées par des ONG de droits de l'homme sur les conditions d'expulsion de migrants sub-sahariens. Le phénomène de la traite des personnes augmente avec les pressions migratoires subsahariennes, dont les victimes sont le plus souvent des femmes et des enfants. Le gouvernement algérien reconnait l'existence du problème et, en décembre 2016, un plan d'action anti-trafic a été développé par un comité interministériel. Sa mise en œuvre reste à concrétiser. L'Algérie est l'un des pays couverts par le programme régional de développement et de protection ("RDPP") de l'UE en Afrique du Nord; deux actions ont été lancées à ce jour dans le pays (une action concernant le soutien aux retours volontaires vers l'Algérie mis en œuvre par l'OIM, l'autre action concernant le renforcement des capacité et la protection des catégories plus vulnérables de réfugiés et de demandeurs d'asile en Algérie, mis en œuvre par le UNHCR). L'Algérie bénéficie également du programme régional pour le voisinage EUROMED Migration IV pour poursuivre l'appui à la mise en place d'un profil migratoire et améliorer la gouvernance de la migration, même si aucune action ciblant spécifiquement l'Algérie n’a été lancée. L’Algérie reste éligible au financement du Fonds fiduciaire d'urgence pour l'Afrique.